à propos

Je crée des situations d’écoute, d’observation pour chercher un point de bascule. Je m’attache aux langues singulières, à leurs additions formant un commun, à nommer les indicibles. Mes outils sont l’écriture, la performance, l’édition.

C’est le petit texte que j’ai longtemps utilisé en incipit de mes bios. Je m’y reconnais en partie. N’y étaient pas nommés les termes de poète, de poésie, dont je me sers lorsque l’on m’interroge sur mon travail. Mes performances questionnent le langage, la grammaire, les structures de pensée, les mythes collectifs ou plus personnels.

Pourquoi performance ? Un protocole de départ dans un espace donné à un moment donné avec des êtres, des corps en présence. Observer ce qui advient, accueillir, agir avec, en fonction de, à partir de. Improviser. Co-créer. Voilà qui me rend vivante, ces temps de co-création. Voilà pourquoi j’invente des projets artistiques participatif de recherche, comme Script-Album, pourquoi je travaille avec des graphistes, des musiciens, des chorégraphes, pourquoi j’anime des ateliers. Pour vivre l’éclosion, le télescopage, la transformation des regards, d’un imaginaire, un moment collectif de bascule.

Pour qu’adviennent ces moments, je veille à créer des espaces vides, vides de projection, de mode d’emploi. J’autorise la lenteur, je n’ai pas peur du silence.
J’accepte l’errance. Parce que le cadre est ritualisé, qu’il s’agisse d’un site internet, tel pourtours.fr, d’un espace-temps, d’une page, il permet une expérience guidée par le chemin et non plus par le but.

La sensibilité s’exacerbe, nous écoutons, nous goutons, nous touchons, nous regardons. A la recherche de repères, nous tissons des liens entre, attentifs, attentives à chaque, modifiant ainsi nos habitudes perceptives, et par là nos représentations.

En parallèle je cherche à ce que chacun, chacune s’observe dans l’expérience sans s’oublier dans la rêverie. Il s’agit de se garder éveillé. Afin qu’une mise à distance s’opère, je souligne le cadre par le regard, ma présence, une question, la mise en page, la mise en espace.

Des lames de fond me meuvent, questionnements qui pas après pas m’amènent aux suivants. La constitution du sens, les peurs et les pactes inscrits dans la langue, la perception de la matière, aujourd’hui l’inclusion. Ces derniers temps, ce que j’ai approché sporadiquement s’inscrit dans la continuité.

A la radio
– Sur les épaules, le cou : question sur un chantier en cours, au Centre d’art La cuisine, mars 2021

– où Nathalie Duffort m’interroge sur le processus de création : https://cfmradio.fr/podcast/poete-du-quotidien/